Méthodologie de l’épreuve écrite : le commentaire de textes

Publié le par Yann Le Texier

Méthodologie de l’épreuve écrite : le commentaire de textes

Définition :

Le sujet porte sur la totalité ou sur une partie de l’un des textes du corpus et se rapporte ainsi à l’objet d’étude concerné (cf. les objets d’étude sur le planning d’année), plus rarement sur la comparaison entre deux textes du corpus.

Le commentaire d’un texte littéraire est un exercice de lecture et d’analyse qui permet, à partir d’une observation précise du fond et de la forme et de ses impressions, de rendre compte de l’intérêt que le texte peut comporter pour un lecteur. Il s’agit de dégager les différents niveaux de signification, les axes de lecture, de proposer différents projets de lecture du texte. Le commentaire est l’explication d’un texte littéraire, un bilan de lecture.

Un texte littéraire comme celui qui est proposé ne se réduit pas, par définition, à une lecture uniforme, à un sens univoque. Il s’agit donc, par l’observation des thèmes développés, des registres littéraires présents, du genre littéraire, des types de discours, du mouvement du texte, de la construction du texte, de traits grammaticaux ou stylistiques, de mettre en évidence les aspects principaux du texte, ses qualités littéraires.

Le commentaire composé ressemble à une lecture analytique mais entièrement rédigée, avec notamment une introduction et une conclusion très construites. La lecture analytique est le préalable indispensable au commentaire composé, mais le commentaire est plus approfondi et complet (on s’efforce d’exploiter tous les éléments du texte) et vise donc à l’exhaustivité. Sauf exception (le texte s’y prêtant), le commentaire composé ne saurait être mené selon une analyse linéaire. Vous devez composer un devoir qui présente de manière organisée ce que vous avez retenu de votre lecture, et justifier votre interprétation et vos jugements personnels.

Ä Il s’agit donc de composer un devoir organisé selon une progression qui rende compte d’une réflexion structurée et précise sur un texte littéraire. Commenter revient à émettre un jugement critique et argumenté sur le texte, et à justifier à partir de citations et de références précises les arguments énoncés.

Ä Il s’agit donc de considérer le texte comme une construction, le résultat d’un travail sur l’écriture et montrer comment s'élaborent cette construction, cette création. Le texte littéraire s’offre à l’interprétation, puisqu’il laisse le champ ouvert à des lectures multiples, des strates de significations implicites.

Démarche :

1) Les préalables indispensables :

- Lire attentivement le sujet afin de bien cerner le texte ou la partie du texte concerné par le commentaire.

- Observer le ou les objets d’étude indiqués : ils constituent une aide précieuse, vous renvoyant aux travaux effectués durant l’année sur ceux-ci.

- Observer l’ensemble des textes proposés dans le corpus : leurs points communs sont une indication sur le type de problématique qui peut se dégager.

- La question préalable (sur 4 points) portant habituellement sur l’ensemble des textes et documents peut servir de point de départ à la définition d’une idée directrice. Si la question est ponctuelle (relevé ou étude d’un procédé d’écriture), la réponse ne saurait constituer une partie du commentaire. En revanche si la question est plus générale, invite à une synthèse, à une interprétation et à la recherche d’indices convergents, la réponse peut généralement fournir une idée directrice.

- Observer le paratexte (titre du texte, de l’œuvre dont il est extrait, date d’édition, dates de l’auteur) : il permet parfois de retrouver à quel mouvement littéraire le texte appartient, quelles problématiques existaient pour tel genre littéraire à telle époque.

- Les premières questions à se poser sont également les suivantes : A quel genre littéraire le texte appartient-il ? Quel est ou quels sont les registres littéraires dominants ? Quel est ou quels sont les thèmes dominants ? A quel mouvement littéraire appartient éventuellement le texte (si cela apparaît de manière évidente) ? Quels sont les buts de l’auteur dans le texte ?

Ces questions doivent suggérer dès le début des pistes de recherche.

2) La lecture analytique du texte :

Un travail approfondi de recherches sur le texte est ensuite indispensable. La lecture analytique a pour but de mettre en évidence l’originalité ou la singularité d’un texte littéraire dans son sujet, dans les intentions, les objectifs, les buts de l’auteur et dans les moyens qu’il a utilisés pour atteindre son/ses but(s) : genre littéraire, procédés de style, registre.

3) La problématique et le plan :

Une problématique générale du texte doit se dégager qui va permettre d’élaborer un plan en deux, trois, parfois quatre parties (moins conseillé), décomposées pour chacune en deux ou trois paragraphes, et qui propose une étude du texte par des axes transversaux. Le plan doit être suffisamment détaillé afin de vérifier s’il est solide, logique, bien construit. Si une partie se révélait très courte par rapport aux autres, ou si un argument se trouvait répété dans deux parties différentes, cela signifierait que plan est à revoir.

Chaque texte suggère des plans d’étude différents, et sur un même texte plusieurs plans peuvent être proposés. Toutefois, voici le type de réflexion qu’il est possible de mener :

- aller de l’approche la plus simple vers des analyses de plus en plus approfondies, complexes. Le devoir s’orientera vers une analyse finale qui sera symbolique, ou qui montrera l’originalité du texte par rapport à son époque, ou au genre auquel il appartient, ou à l’inverse combien ce texte est représentatif du mouvement ou du genre qu’il illustre.

- analyser successivement plusieurs thèmes (si le texte s’y prête), en montrant comment les différents thèmes s’articulent entre eux.

Dans le cas d’une comparaison de textes, l’exercice consiste à mener de front l’étude des deux textes : il faut éviter de faire une succession de deux commentaires juxtaposés des deux textes.

4) La rédaction du commentaire :

* L’introduction : 3 moments :

 L’entrée en matière, l’ouverture :

- situer le texte dans un ensemble plus vaste (genre, courant littéraire, auteur/texte dans l’époque, texte dans l’œuvre) et/ou se référer à un élément de la vie de l’auteur ou à un événement historique, et/ou rapprocher le texte à commenter d’un autre texte du même auteur ou d’un autre auteur…. Choisir surtout les éléments importants pour analyser le texte.

Le jour de l’examen : si vous ne savez comment débuter l’introduction, parce que vous ne connaissez ni l’auteur, ni l’œuvre, ni l’époque, utilisez le reste du corpus ou le thème abordé par le texte à commenter, ou bien encore mobilisez vos connaissances sur l’objet d’étude.

- A éviter :

→ donner les dates biographiques de l’auteur (mieux : en tirer des observations ou conclusions utiles. Ex. âge de l’auteur quand il écrit le texte : Jeune homme ? Homme mûr ? Vieillard ?

→ « De tous temps, l’homme a exprimé son amour » ou « Aragon est né en 1897 ».

→ Commencer par « Ce texte… » : vous n’avez pas encore présenté l’extrait à votre lecteur, qui n’est pas censé le connaître.

‚ La présentation contextuelle du texte :

- citer le nom de l’auteur et le titre de l’œuvre d’où est extrait le texte.

- présenter brièvement l’idée générale du texte (de quoi parle-t-il ?), les thèmes du texte et le rattacher à l’objet d’étude ou aux objets d’étude. Répondre le plus brièvement aux questions : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ?

ƒ L’annonce de la problématique : à présenter sous forme de question directe ou non.

„ L’annonce du plan :

- Elle permet de répondre à la question posée dans la problématique, en mettant en évidence les liens logiques qui permettent de passer d’une partie à l’autre. On mentionne donc les axes du commentaire (les hypothèses de lecture, les idées directrices) sans entrer dans le détail des paragraphes pour ménager l’intérêt du lecteur.

- Annonce du plan : nuancez sous forme de questions ou en modalisant les aspects que vous présentez comme des caractéristiques du texte, afin que le correcteur ait l’impression qu’il est nécessaire de lire votre copie pour savoir si ces hypothèses seront validées.

Conseils :

- Dix à quinze lignes en un seul paragraphe.

- Evitez d’annoncer des parties que l’on ne retrouve pas dans le corps du devoir.

- Rédigez l’introduction quand vous avez votre plan détaillé. Encore mieux : rédigez l’introduction après la rédaction du développement.

* Le développement : Une partie se développera selon le schéma suivant :

 Présentation de l’idée qui fonde l’unité de la partie : annonce de la thèse, de l’idée directrice qui fera l’objet de la partie.

‚ - Développement d’un premier point (argument) qui forme un premier paragraphe.

- Développement d’un second point qui forme un deuxième paragraphe ; ce deuxième point du commentaire est enchaîné logiquement au premier.

- Eventuellement, développement d’un troisième point qui forme un troisième paragraphe ; ce troisième point est enchaîné logiquement au deuxième.

ƒ Conclusion partielle de la partie : synthèse rapide et lien, transition avec la partie suivante.

Conseil : utiliser des mots de liaison entre les paragraphes, qui organisent le commentaire : « cependant », « en effet », « de plus », « donc », …

* La conclusion : 2 moments :

 La récapitulation :

- rappel des idées fortes. Cette récapitulation des bilans intermédiaires est délicate car il s’agit de reprendre les idées fortes exprimées dans chacun des bilans intermédiaires sans pour autant les reprendre littéralement.

- jugement personnel sur le texte, son intérêt stylistique et littéraire.

- Ne surtout pas y glisser de nouveaux centres d’intérêt qui auraient été oubliés dans le développement !!!

‚ L’élargissement : (pour ouvrir des perspectives plus larges à partir de ce texte)

Choisir selon le cas :

- influence du texte sur la postérité littéraire.

- rapprochements avec d’autres extraits de l’œuvre, avec d’autres arts (peinture, musique…).

- interrogation sur l’intérêt du texte par rapport à l’œuvre dont il est extrait, à son contexte historique, à son genre.

- confrontation du texte à d’autres textes qui traitent le même thème ou ont les mêmes objectifs

- prolongements du thème.

A éviter : les généralités ; l’absence de lien réel entre l’élargissement et le texte ; terminer par une question au discours direct.

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