Méthodologie de l'oral

Publié le par Yann Le Texier

Voici, pour rappel, et de manière très détaillée, des informations et explications au sujet du déroulement de l'oral de baccalauréat de français. Il s'y ajoute des éléments qui ne vous concerneront que lors de votre passage en juin.

1- Présentation générale :

* Lecture analytique d’un texte vu en cours d’année (ou d’une partie d’un de ces textes), ou d’un extrait d’une des œuvres intégrales étudiées en classe (y compris un extrait non analysé spécifiquement en classe), organisée en fonction d’une question posée par l’examinateur.

* Temps : une demi-heure de préparation ; dix minutes d’exposé ; dix minutes d’entretien avec l’examinateur.

* Matériel : le candidat apporte une pièce d’identité avec photographie (passeport, carte d'identité nationale. La carte scolaire n'est pas un document attestant officiellement de votre identité, attention !), sa convocation, le corpus (ensemble des textes étudiés et des documents complémentaires), les œuvres intégrales étudiées (hors lectures cursives), et des stylos, surligneurs, ... pour écrire ! Le brouillon est fourni par les organisateurs de l’épreuve. Une montre (silencieuse !) est également indispensable.

* Présentation de soi : vous n'êtes pas obligés de venir habillés comme pour une cérémonie (vous ne serez pas très à l'aise d'ailleurs). Toutefois, il est bon d'éviter de venir habillé de manière trop négligée : pas de short, pas de tee-shirt laissant apparaître le nombril ou un décolleté trop plongeant, pas de tongues, pas de casquette ou chapeau. Soyez sobre.

Pour les fumeurs, évitez de fumer juste avant : votre haleine pourrait incommoder l'examinateur.

* Quelques précisions sur le déroulement :

- attendre que l’examinateur vous invite à entrer dans la salle ;

- suivre l’examinateur jusqu’à son bureau : il vérifie l’identité, vous donne le texte à étudier, vous dicte la question à traiter ; c'est le moment ou jamais d'être très concentré et de vérifier si vous avez bien compris la question posée, ou de demander des précisions, une reformulation de celle-ci ;

- vous avez ensuite 30 minutes pour préparer votre analyse du texte ;

- attendre que l’examinateur vous invite à venir faire votre exposé ;

- l’examinateur ne doit normalement pas intervenir durant les 10 minutes d’exposé (il peut donc attendre un peu si vous avez été trop court, ou vous couper la parole si vous êtes trop long) ;

- après l’exposé et l’entretien, ne pas oublier de signer les documents présentés par l’examinateur prouvant votre passage ;

- ne pas demander votre note, elle ne peut être communiquée à ce moment ;

- ne pas négliger de rester courtois du début à la fin en saluant l’examinateur (pas de la main !).

* L’examinateur dispose d’une copie de votre corpus : pas besoin de lui prêter le vôtre… Et il le connaît puisqu’il l’a reçu depuis plusieurs jours afin de préparer notamment les questions à poser aux candidats. Ne pas faire comme si vous lui faîtes découvrir ce corpus ! De même, évitez les questions du type « Je ne sais pas si vous connaissez », ce qui émet des doutes sur la culture de l’examinateur censée être encyclopédique…

* Votre corpus doit être parfaitement vierge de toute note ou surlignage, sous peine de sanction. Par contre, durant votre préparation, vous avez tout loisir de le griffonner à souhait pour vous repérer plus facilement lors de vos citations durant l’exposé par exemple.

2- Comment préparer l’analyse du texte ?

a) Examiner très attentivement la question posée par l’examinateur : réciter son cours sur le texte imposé mène le plus souvent au hors-sujet ou à une récitation que l’examinateur ne tardera pas à ressentir. Rappel : l’objectif est de tester votre capacité à analyser un texte littéraire, en répondant à une question posée de manière structurée et transversale (pas de lecture linéaire). Vous pouvez reformuler la question de différentes manières (attention toutefois de ne pas la dénaturer et de partir ainsi hors-sujet), avec vos propres mots.

L’examen de la question doit vous permettre de dégager ses enjeux, les objectifs visés par celle-ci, et donc des angles d’attaque du texte. Cette lecture attentive de la question doit vous permettre d’emblée de dégager des ébauches d’axes d’étude.

Ne pas oublier le ou les objets d’étude dans lequel s’inscrit le texte étudié, ainsi que les problématiques de la séquence dans laquelle il est intégré. L’examinateur suit la manière dont un texte, une œuvre ont été étudiés en classe.

NB. Lorsque l’examinateur vous dicte la question, ne pas hésiter à demander des éclaircissements si elle ne vous paraît pas claire, afin d’éviter tout contresens.

b) Analyser le texte en se rappelant bien évidemment tout ce qui a été dit lors du cours qui lui a été consacré, mais sans réécrire textuellement dans l’ordre toutes ces notes : il faut répondre à la question posée, et ne pas se rassurer en récitant. La question posée peut nécessiter de laisser de côté une partie de l’étude effectuée en classe, de développer de manière plus conséquente un autre aspect. Il s’agit de recomposer le travail effectué en cours, mais sans penser non plus que tout y a été dit sur le texte. Savoir réutiliser toute la démarche utilisée lors de la préparation d’un commentaire de texte à l’écrit (analyse précise du texte).

c) Structurer assez rapidement l’exposé : contrairement à l’écrit où l’on étudie un texte inconnu, votre connaissance du texte doit vous permettre de dégager rapidement des axes d’étude, les parties de votre exposé (2 ou 3 généralement), sans passer par l’étape d’étude détaillée ligne à ligne. Une fois que vous avez vos parties, vous devez encore trouver des paragraphes, des sous-parties, et repérer les éléments du texte qui viendront à l’appui des remarques que vous ferez (il faut, comme à l’écrit, justifier toute analyse par des citations).

Bien vérifier que tout ce que vous allez dire répond progressivement à la question posée : ainsi, faites en sorte que les énoncés des axes d’étude comportent l’un des mots-clés de la question posée ; faites précéder ces énoncés d’axes de l’expression « Je veux montrer que… ».

d) Ménager un peu de temps pour préparer une (courte) introduction et une (courte) conclusion.

3- Quelles sont les étapes à respecter pour présenter le texte (1ère partie de l’épreuve : l’exposé) ?

a) L’introduction et la lecture du texte :

1) L’introduction permet de présenter le texte (auteur, œuvre, date, mouvement littéraire éventuellement, genre, thèmes principaux). Toutefois, s’en tenir aux éléments qui seront utiles dans la suite de l’exposé.

2) La lecture du texte suit : elle est importante parce qu’elle symbolise votre entrée et celle de l’examinateur dans le texte. Elle permet souvent à ce dernier d’avoir une première impression sur votre maîtrise du texte. Un texte bien lu est un texte bien compris.

3) Il faut rappeler la question posée et exposer rapidement ensuite le plan de votre exposé.

b) Le développement :

- Être très clair sur les étapes suivies : annonce et conclusion de parties, transition entre les parties par des phrases, des connecteurs, … Ne pas dire « grand I » ou « petit a » mais « dans un premier temps », « dans une deuxième partie », etc.

- Ne jamais perdre de vue (mais cela a dû être fait lors de la préparation) la question posée, le fil conducteur.

c) La conclusion : Elle est courte, reprend l’ensemble de ce qui a été découvert lors de l’analyse du texte, et ouvre des perspectives (insertion d’un thème, du genre, d’un aspect stylistique majeur, dans un courant culturel, l’œuvre de l’auteur ; comparaison avec une autre œuvre ; suite de l’œuvre dans le cadre d’un extrait d’œuvre intégrale ; rapport avec le groupement de textes si cela est le cas ; etc).

Conseils divers pour l’exposé :

* Ne pas tout écrire sur le brouillon, à part l’introduction si cela doit vous rassurer pour démarrer.

* Présenter son brouillon de manière claire, lisible, afin de vous repérer dans votre plan, et pouvoir lever la tête vers l’examinateur (après tout, vous lui parlez…).

* Avoir un nombre de citations suffisant pour soutenir chaque axe d’étude. Ne pas oublier de citer le texte pour justifier chaque remarque, et à l’inverse de relever l’effet produit par le procédé de style que vous citez.

4- En quoi consiste l’entretien (2ème partie de l’épreuve) ?

* Le support essentiel de l’entretien est le descriptif des travaux effectués en cours d’année. A vous de le connaître parfaitement pour ne pas être surpris par une question : textes complémentaires, documents iconographiques, lectures cursives, exposés, dossiers, devoirs.

* L’examinateur peut reprendre en partie l’exposé pour demander des précisions, mais l’essentiel consiste en des interrogations sur le ou les objets d’étude, l’auteur, le mouvement littéraire, des thématiques importantes, le genre littéraire (cf. ci-dessous).

* L’objectif est de cerner si le candidat a une vision globale de l’objet d’étude, de l’époque dans laquelle le texte s’inscrit : il s’agit de voir si vous avez pris de la hauteur et avez cherché à mener une réflexion plus générale, synthétique. Les questions posées mènent notamment à des comparaisons, des rapprochements, des confrontations.

* Le dialogue peut également porter sur votre culture personnelle (en lien avec le texte étudié), vos goûts personnels, un jugement personnel sur une œuvre, etc.

* Les réponses ne doivent pas se limiter à de courtes répliques, mais être développées, justifiées.

Quelles questions peuvent-elles être posées ?

* A propos d’une œuvre intégrale : questions sur un personnage, un thème, la structure, les évolutions, le genre, le contexte culturel et littéraire.

* A propos d’un groupement de textes : questions sur l’évolution / la permanence d’un thème (entre plusieurs auteurs, dans plusieurs œuvres d’un même auteur, dans le temps), d’un genre, d’une forme, d’un thème, … ; les formes et fonctions d’un registre littéraire ; les relations entre les textes du groupement (points communs, différences, oppositions, sources, intertextualité, …).

* A propos des documents complémentaires : comparaison avec les textes présentés, relations avec le ou les objets d’étude ; pour une lecture cursive, comparaison avec un ou plusieurs textes étudiés, lien avec l’objet d’étude.

* A propos du ou des objets d’étude : questions sur l’histoire littéraire et culturelle, des problématiques liées à un objet d’étude.

5- Comment se préparer tout au long de l’année ?

* Lecture : S’exercer à lire à haute voix chacun des textes.

* Vocabulaire : Connaître le sens de tous les mots des textes étudiés.

* Le texte dans son contexte : Connaître le nom de l’auteur, le titre de l’œuvre dont le texte est extrait, le siècle et le courant littéraire dans lequel le texte s’inscrit. Dans l’idéal, même pour les textes des groupements de texte, il est bon de disposer de quelques éléments biographiques sur l’auteur utilisables lors de l’exposé (bien sélectionner, donc), ainsi que des informations sur l’époque à laquelle le texte a été publié (et/ou celle évoquée dans le texte) si cela a un intérêt pour mieux comprendre le texte.

Pour ne pas paraître trop scolaire, il est bon de lire régulièrement des manuels, des histoires de la littérature, en étant curieux, afin de ne pas disposer devant l’examinateur des seules informations données en cours (sur l’auteur, le siècle, les thématiques de l’auteur ou du mouvement littéraire, etc. Lors de l’entretien, c’est ce qui fait la différence entre candidats, et peut rattraper un exposé moyen.

* Les questions possibles : s’interroger sur les différents types de questions que l’examinateur pourrait poser (en fonction de l’intérêt stylistique du texte, de l’objet / des objets d’étude au(x)quel(s) il est rattaché, tout ce qui fait l’originalité, la spécificité du texte en définitive).

* Entraînements : outre les oraux blancs, il est toujours possible de s’entraîner entre élèves, et de critiquer les performances de chacun (forme, et contenu).

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