Que retenir du groupement de textes « regards sur l'autorité politique » ? (séquence 2)

Publié le par Yann Le Texier

Mise en scène d'Ubu roi d'Afred Jarry par Jean-Christophe Averty (1965)

 

Observations premières :

* Un groupement de textes du XVIè au XXè siècle.

* Des textes qui se présentent sous des formes très diverses : essai (Machiavel), article d'Encyclopédie (Diderot), théâtre (Jarry), romans (Orwell & Kourouma).

* Néanmoins ce qui les réunit : la visée argumentative (interne au texte, entre personnages, et/ou à destination du lecteur du texte) + la thématique (manières d'envisager le pouvoir, la manière de l'exercer, de le conserver).

 

Analyses comparatives :

* Les dirigeants représentés sont ou réels, ou fictifs, nommés ou non :

- Machiavel se base sur des personnages italiens, de son époque, donc sur ceux qu'il connaît (messire Niccolo Vitelli, Gudo Ulbado duc d'Urbin, les Bentivogli, César Borgia, etc).

- Diderot parle de manière générale de « prince » ou de « tyran » (l. 17), ne donnant comme exemple plus concret que celui de l'Angleterre, et encore sans nommer un roi ou une reine particuliers (l. 33).

- Le Père Ubu de Jarry est inventé mais évolue dans un univers historique connu des lecteurs, puisqu'il s'agit d'un « royaume » (l. 8) où la noblesse et ses différents grades existent (« Nobles » ; « comte » l. 14 ; « grand-duc » l. 21 ; « duc » l. 24 ; « prince » l. 28). Les noms des régions et villes évoqués rappellent plutôt l'Europe de l'est (Riga est actuellement la capitale de la Lettonie, Mitau est une ville lettone, Vitebsk est en Biélorussie, la Podolie est en Ukraine, Sandomir est en Pologne).

- Nous savons que la plus grande source d'inspiration d'Orwell a été le régime communiste stalinien, même s'il n'y fait pas souvent explicitement référence puisque le régime de Big Brother est censé prendre place dans le futur de l'Europe au moment où il publie 1984. O'Brien, dans l'extrait, compare le régime d'Océania aux totalitarismes du XXè siècle : « Les nazis germains et les communistes russes se rapprochent beaucoup de nous » (l. 25). Orwell invite donc le lecteur de son roman à comprendre que le régime fictif dont il est question fait écho à des régimes réels.

- Enfin, Kourouma, s'il masque ses emprunts à la réalité des régimes africains postcoloniaux, sème de nombreux indices qui permettent au lecteur de retrouver ces références : plusieurs pays africains, durant la « guerre froide » (l. 7), furent ravagés par des guerres civiles opposant des armées soutenues par l'Occident (l. 7) et des guérillas communistes (l. 9-11). L'extrait rappelle aussi de nombreuses pratiques et événements qui se sont produits dans des pays africains : complots, népotisme (l. 17-18), détournements de dons (l. 21-26), manifestations contre le pouvoir en place (à partir de la ligne 27), répression (l. 41-42). Il faut savoir (notre extrait ne l'indique pas) que le personnage de Koyaga renvoie clairement dans le roman à Eyadema, Président du Togo.    

Par conséquent, les auteurs observent les dirigeants réels autour d'eux ou historiques, et les représentent directement ou indirectement dans leurs écrits.

La fiction peut être une manière de prendre du recul, ou de caricaturer la réalité (Ubu en est la meilleure image) afin que les lecteurs voient de manière apparente dans cette représentation les défauts de la réalité de pouvoirs réels.

* Les lieux de pouvoir sont présentés dans plusieurs textes : ils ne sont pas seulement des lieux de vie des dirigeants, mais symbolisent le pouvoir.

- Machiavel base son argumentation, dans cet extrait de son ouvrage, sur les « forteresses », palais construits pour se protéger des ennemis, qu'ils soient extérieurs au pays (étrangers » l. 11), ou intérieurs (le « peuple » l. 10-11). Mais son propos n'est pas en fait d'évoquer les bâtiments en soi, mais ce à quoi ils peuvent servir (« avoir un refuge sûr contre un soudain assaut » l. 3) ou en quoi ils peuvent desservir celui qui les occupent (« le château de Milan qu'édifia François Sforza a fait et fera plus de mal à la maison Sforza qu'aucun autre désordre de cet État » l. 11-13). Ainsi, il prend le terme de « forteresse » au sens figuré dans la phrase suivante : « la meilleure forteresse qui soit est de n'être pas haï du peuple » (l. 13-14). Et dans sa première phrase, il fait le lien entre le fait de « tenir » un État et celui « d'édifier des forteresses » en juxtaposant les deux propositions infinitives.

- Diderot n'évoque pas le sujet.

- Le texte de Jarry se situe, comme la didascalie du début de la scène l'indique, dans « la grande salle du palais » (l. 1). Les « sous-sols » (l. 12) de ce palais sont évoqués, lieux où seront emprisonnés et « condamnés à mort » (l. 12) les nobles du royaume. La répétition de l'expression « dans la trappe » par Ubu met en avant sa « basse férocité » (l. 19) car il explique dès le départ que les nobles ainsi évacués seront décervelés (l. 13).

- Orwell, dans cet extrait, n'évoque pas par la voix d'O'Brien les lieux d'exercice du pouvoir par le Parti. Par contre, le lecteur sait que Winston est emprisonné et en salle de torture : le levier actionné par O'Brien envoie une décharge dans le corps de Winston, expliquant l'« élancement douloureux » (l. 14) de celui-ci. Le fait que le dialogue entre les deux personnages, à propos de la raison pour laquelle le Parti souhaite le pouvoir (voir question posée l. 1-2), se déroule en salle de torture, au Ministère de l'Amour, lie le sort réservé à Winston, sa soumission totale, au pouvoir en place, à l'exercice de l'autorité du Parti sur les citoyens d'Océania.

- Chez Kourouma, le terme de « la Présidence » (l. 29, 32) renvoie d'abord au bâtiment où le pouvoir présidentiel s'exerce, dans une sorte de déplacement sémantique qui rassemble dans un même mot l'exercice du pouvoir et le lieu où il s'exerce. Les dirigeants voient la foule depuis le « balcon » (l. 33), se réfugient dans « le bureau » (l. 40) : le palais qui était le symbole de leur supériorité devient leur protection mais aussi le lieu où ils sont enfermés par le peuple en colère. Kourouma fait ainsi écho aux exemples divers donnés par Machiavel. Kourouma élargit au pays tout entier le lien établi entre exercice du pouvoir et lieu du pouvoir : « le pays était devenu une peau tiraillée par les quatre bouts. Le pays était partagé entre quatre fauves » (les quatre dirigeants ; l. 49). Le pays est propriété personnelle des quatre dictateurs, comme Ubu s'empare de tous les biens des nobles qui défilent devant lui et s'accapare ainsi leurs titres (l. 41-42 du texte de Jarry : liste des biens et titres d'Ubu = reprise de ceux des nobles qui sont passés auparavant devant lui : voir les lignes qui précèdent dans le texte).

 

* La relation du ou des dirigeants politiques au peuple gouverné (1) est abordée à plusieurs reprises. Le plus souvent, les auteurs abordent la question par le biais de l'abus de pouvoir.

- Machiavel, par la confrontation de plusieurs exemples historiques italiens, tente de déterminer comment les « princes » peuvent « tenir plus sûrement leur État » (l. 1). Le verbe « tenir » renvoie à l'autorité, à la force qui doit s'imposer à la population, et il est complété dans la même phrase par les termes « bride » (objet qui permet à un homme de diriger un animal) et « frein ».

- Diderot évoque « la force et la violence » (l. 7) de celui qui détient l'autorité politique, le deuxième terme apparaissant comme synonyme du premier. Le philosophe dénonce « la loi du plus fort » (l. 13). Il multiplie aussi les mots qui renvoient à une autorité excessive : « violence » (l. 7, 9, 14), « soumis » (l. 8, 15), « soumissions » (l. 27), « tyran » (l. 17). Il qualifie même celle-ci de « crime » (l. 28, 33, 36), marquant ainsi l'atteinte physique que celui qui dirige un État de manière autoritaire fait courir à la population.

- Le Père Ubu multiplie les ordres, donnés à l'impératif et qui débutent nombre de ses phrases (l. 4, 5, 11, 31, 37, 46-47). Il ne s'adresse aux nobles par des phrases courtes, lapidaires, marquant ainsi ses décisions rapides et sans appel (« condamné ! » ; « dans la trappe »). Les possessifs aux lignes 37-38, en lettres capitales, soulignent combien Ubu s'est accaparé des biens et titres des nobles qui ont défilé devant lui. Nous avons déjà évoqué la férocité d'Ubu qui extermine la population (ici les nobles) : « « je vais faire périr tous les nobles » (l. 8-9) ; « ceux qui seront condamnés à mort, je les passerai dans la trappe » (l. 11-12 : tous ceux qui passent ensuite vont dans la trappe : ils mourront donc) ; « on les décervellera » (l. 13) ; « je vais faire exécuter tous les nobles » (l. 46). L'usage du crochet ravale les nobles  de simples objets ou animaux envoyés à l'abattoir.

- Comme Diderot, Orwell évoque en quelque sorte la loi du plus fort. Winston tente ainsi de savoir que dire à O'Brien : « les hommes […] devaient être dirigés et systématiquement trompés par ceux qui étaient plus forts qu'eux » (l. 8-9). Où Machiavel parle de « bride », il est ici question d'un Parti « gardien » (l. 10), protecteur peut-être mais surtout réducteur de liberté. Le peuple est considéré comme « faible » (l. 10) (« frêles et lâches » l. 7, « ne sont pas capables de se diriger eux-mêmes » l. 13). Mais O'Brien montre que le Parti va plus loin, qu'il souhaite le pouvoir pour le pouvoir « le pur pouvoir » (l. 22). Le texte fait aussi allusion aux pratiques violentes pour le maintien du Parti au pouvoir : torture sur Winston (l. 16-17), « la persécution » (l. 33), « la torture » (l. 33).

- Kourouma énonce aussi les horreurs commises pour le maintien de la bande des quatre au pouvoir, la brutalité extrême, physique (comme chez Ubu ou Orwell) : assassinat (l. 1), « les lycaons réprimèrent avec férocité » (l. 41), « en poignardant et égorgeant » (l. 42), « dix-sept tués, tous sauvagement émasculés » (l. 43-44), « les tueurs » (l. 45), brutalement et injustement assassinés » (l. 46), « tuerie » (l. 47). Les dirigeants et leurs sbires sont assimilés à des animaux cruels (les lycaons l. 42, quatre fauves l. 50, la gueule l. 51).

 

* Les dirigeants ne considèrent pas forcément leur rôle comme celui de favoriser la population, de développer des conditions favorables à la vie de celle-ci. Nous avons montré ci-dessus que le peuple est souvent la victime du pouvoir en place. Les relations du dirigeant à la population sont diverses (2), selon les auteurs :

- Machiavel a écrit Le Prince à destination des dirigeants. Il n'est pas question pour lui de défendre le peuple. Toutefois, il l'intègre à sa réflexion, lui donne même plus de place qu'aux ennemis de l'État : aux lignes 10-11, il compare peuple et ennemis, mais ensuite à partir de la ligne 13, il se focalise sur la population (les termes « peuple(s) », « populaire » se répètent sans cesse). Le peuple doit être pris en compte selon lui, de manière cynique, car il pourrait se rebeller et renverser le pouvoir en place. Il s'agit de « n'être pas haï du peuple » (l. 13-14). La négation souligne qu'il n'est pas question de se faire apprécier de la population, mais d'éviter seulement ce sentiment extrême de haine. Dans cet extrait, Machiavel n'explique pas précisément comment le prince peut éviter d'en arriver à cette situation. Il précise simplement que la forteresse ne peut ue protéger des assauts d'un ennemi étranger, pas du peuple qui, s'il est en colère, trouvera les moyens de passer outre les hauts murs de protection (Machiavel en donne un exemple aux lignes 20-21). On peut aussi imaginer que la forteresse dressée contre le peuple signifie pour le prince ne pas entendre le peuple, s'en couper, même si Machiavel n'exploite pas cette image.

Machiavel pense à des révoltes violentes puisqu'il parle de prendre « les armes » (l. 15) et suggère que le peuple peut tuer son prince (« elles ne te sauvent pas » l. 14-15 ; « elle put fuir l'assaut populaire » l. 18). La violence du prince envers sa population peut donc se retourner un jour contre lui.

- Diderot refuse aux dirigeants le droit et la légitimité d'user de la force (voir la 1ère phrase de son texte). Il constate que, de toutes les manières, ce pouvoir acquis par la force « ne dure qu'autant que la force de celui qui commande l'emporte sur celle de ceux qui obéissent » (l. 9-10). Il s'agit donc d'un jeu de forces, d'équilibre des puissances, du dirigeant d'une part et du peuple d'autre part. Par ailleurs, s'il ne nie pas la nécessité qu'une personne prenne la tête d'un pays (« [Dieu] permet pour le bien commun et pour le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu'ils obéissent à l'un d'eux » l. 24-25 : Diderot met donc en parallèle le bien-être de la communauté et la paix, la cohésion du groupe), il estime que toute autorité « a ses bornes » (l. 4), « des limites » (l. 20), que ce soit celle du père de famille ou du responsable politique. Il compare deux situations, celle de la tyrannie et celle de la délégation du pouvoir consentie librement par le peuple (l. 6-8) pour ensuite nier que la tyrannie soit souhaitable (c'est l'objet de sa démonstration dans le long paragraphe qui débute à la ligne 18). Il promeut donc « un contrat » (l. 8) entre les deux parties, qui délègue le pouvoir à une personne, mais encadre cette puissance librement déléguée.   

- Dans le texte de Jarry, le peuple n'a pas droit à la parole : les nobles ne parlent que quand Ubu les interroge. Il est le seul à poser des questions. Seule la mère Ubu donne de temps à autre son avis. Les nobles ne sont désignés par Ubu que par des numéros (« le premier noble », « second noble », etc.) : ils n'ont donc pas d'identité pour eux. Il s'approprie d'ailleurs leurs noms en s'accaparant leurs biens (ils sont nommés par les régions qu'ils possèdent et dirigent) et leurs vies. Le passage à la trappe est une manière de les faire disparaître de sa vue et de celle des spectateurs. Jarry souhaite ainsi choquer les spectateurs devant cette violence aussi démesurée. Ubu, par sa brutalité, met en évidence sans hypocrisie ce qui le motive : les richesses et le pouvoir absolu. Il reproduit, de manière plus visible et plus rapide, tranchante, les comportements de nombreux dirigeants qui ont marqué l'histoire de l'humanité. Il est seul à décider du sort des nobles, et les condamne sans procès, sans même de raison.

- O'Brien souligne que le Parti ne gouverne pas en faveur du peuple mais en vue de se maintenir à la tête de l'État. Comme dans le texte de Jarry, il s'agit de dire ouvertement les choses, de ne pas les envelopper dans des justifications oiseuses. Et contrairement à Ubu, pour le Parti, « le bien des autres ne l'intéresse pas » (l. 20). Il souhaite simplement le pouvoir absolu sur les individus (« le pouvoir a pour objet le pouvoir » l. 33-34), même s'il fait croire à la population qu'il œuvre pour son bien (la réponse de Winston dans la première partie du texte reproduit ce discours habituel du parti qui aurait pris le pouvoir absolu afin de mener la société vers une amélioration de son cadre de vie, vers « le bonheur », vers une amélioration même de chaque individu). Le Parti semble donc, aux yeux du peuple, oeuvrer en faveur de la population, mais il ne travaille en fait qu'à son maintien éternel à la tête du pays. Le Parti aime le pouvoir pour lui-même.

- Dans le texte de Kourouma, les quatre dirigeants ne sont pas seuls, isolés. Ils sont soutenus, chacun de leur côté, par des factions de la population ou par des puissances extérieures : « des alliances se nouèrent ; des clans se créèrent » (l. 6) ; « les partisans du communisme » (l. 21-22) ; « des manifestations encouragées en sous-main par le clan libéral » (l. 27) ; « chaque camp » (l. 47). Le peuple est manipulé, trompé. Il devient aussi objet du pouvoir : quand la population soutient ses dirigeants, même cruels et injustes envers elle, elle devient elle-même partie du pouvoir en place. Kourouma montre en même temps qu'il n'est si aisé de manipuler une population puisque « le mouvement » suscité par Koyaga et Crunet « se retourn[e] contre eux » (l. 40-41). La population, comme le disait Machiavel, peut finir par haïr ses dirigeants. Kourouma a choisi, dans cette partie de son roman, de répartir le pouvoir entre quatre dirigeants, à la différence des autres auteurs qui envisagent plutôt un pouvoir individuel. Au final, cela ne change rien puisqu'ils finissent tous par vouloir tirer la couverture à eux : « chacun gérait pour soi le morceau qu'il avait dans la gueule » (. 50-51). Et peu importe que le pays soit paralysé : « l'administration du pays fut bloquée » (l. 52).  

 

* D'où vient l'autorité des dirigeants ? Qu'est-ce qui la rend légitime ? Comment se maintenir au pouvoir, avec ou sans légitimité de celui-ci ? Certains auteurs abordent la question.

- Il en est ainsi de Diderot qui nie tout droit naturel à quiconque de s'imposer sur d'autres hommes (1ère phrase du texte). La liberté individuelle, valeur des Lumières, est supérieure à toute autorité, et elle prend sa source en Dieu (« un présent du Ciel » l. 2), « maître supérieur au-dessus de tout » (l. 21-22). Sans savoir si, pour Diderot, il s'agit d'une conviction personnelle au moment où il écrit cet article, ou s'il s'agit simplement d'une stratégie argumentative, le philosophe explique que ce qui ne permet pas à une personne de se rendre comme propriétaire d'autres individus est le fait qu'une seule autorité est possible sur les hommes : celle de Dieu. Tout dirigeant politique qui se montre autoritariste, tyrannique, s'octroie donc la puissance de Dieu, ce qui, dans le cadre de sociétés marquées au XVIIIè siècle par une religiosité encore majeure, doit choquer. C'est un crime de lèse-majesté divine » (l. 36).

La seule autorité d'un chef d'État ne peut donc provenir que d'un contrat signé entre une population et celui-ci afin de lui déléguer la puissance publique, mais dans des cadres très définis. La démocratie est en germe, même si elle n'est pas défendue ici par Diderot.

- Chez Jarry, Orwell ou Kourouma, le pouvoir prend sa source dans des choix, ou même des envies personnelles : la richesse et la volonté d'être seul maître pour Ubu, la soif du pouvoir absolu pour le Parti dans 1984, ou dans En attendant le vote des bêtes sauvages (« la lutte sans merci pour accéder au pouvoir suprême » l. 12-13).

- Chez Machiavel, même s'il ne l'évoque pas clairement, il montre par ses exemples qu'il se place dans le cadre du pouvoir politique de son époque, détenu par la naissance (la noblesse) et transmis de père/mère en fils/fille. Il ne remet pas cela en question.

 

* Au final, l'ensemble des auteurs fait réfléchir ses lecteurs aux relations complexes que peuvent entretenir le dirigeants politiques et le peuple gouverné. Ils montrent que la puissance politique n'est pas éternelle. Ils mettent aussi en avant le fait que souvent les dirigeants pensent plus à leur pouvoir personnel qu'au bien de la communauté qu'ils sont censés diriger. En dénonçant cet état de fait, ils remettent en question la manière de gouverner de nombreuses personnalités politiques, de nombreux partis, et ils revèlent la face cachée de l'exercice du pouvoir. Orwell, Kourouma, Jarry jouent de l'excès, de la caricature, afin de mieux révéler les arcanes des pouvoirs politiques, et sans doute de faire réagir, comme La Boétie, les lecteurs issus de la population, de leur faire prendre en main leur destin collectif.  

 

Proverbe... !

Commenter cet article